Comment ramoner une cheminée ou un poêle ?

Le feu crépite, la maison est bien chauffée… mais avez-vous pensé à ramoner votre cheminée ? En France, cet entretien est obligatoire une à deux fois par an, selon les communes et le type d’installation. Au-delà de la loi, un conduit encrassé augmente le risque d’incendie, diminue le tirage et fait grimper votre consommation de bois. Heureusement, le ramonage peut être réalisé soi-même ou confié à un professionnel. Encore faut-il connaître les règles, les bons outils et les pièges à éviter.

Pourquoi ramoner une cheminée est obligatoire

Risques d’un conduit non entretenu

Une cheminée encrassée, c’est bien plus qu’une question d’esthétique. Lorsque vous brûlez du bois, des résidus de combustion s’accumulent dans le conduit : suie, bistre, goudron… Ces dépôts sont hautement inflammables. En l’absence de ramonage, ils peuvent provoquer un feu de cheminée ou une intoxication au monoxyde de carbone en cas de refoulement des fumées.

En prime, un conduit obstrué altère le tirage : le feu chauffe moins bien, vous consommez plus de bois, et le risque d’enfumage augmente. Bref, entre sécurité et performance, le ramonage n’est pas une option.

Ce que dit la réglementation française

La loi impose au moins un ramonage annuel, voire deux dans certains départements ou communes (notamment si vous utilisez un appareil au bois). Ce sont les arrêtés préfectoraux ou municipaux qui fixent les règles précises dans votre zone.

En général, vous devez :

  • Faire ramoner deux fois par an les conduits de fumée desservant des combustibles solides (bois, charbon…)
  • Et une fois par an pour les combustibles gazeux ou liquides (gaz, fioul)

Le non-respect de ces obligations peut entraîner une amende forfaitaire de 450 € (article R. 1331-6 du Code de la santé publique) et, surtout, l’annulation d’un remboursement par l’assurance en cas d’incendie.

Ramonage et assurance habitation

Êtes-vous couvert en cas de sinistre ?

En cas d’incendie lié à votre cheminée, votre assureur peut vous demander de prouver que le ramonage a bien été effectué. Sans attestation ou facture valide, le remboursement peut être partiel… voire refusé. Cela s’applique aussi en cas d’intoxication au monoxyde de carbone causée par un conduit obstrué.

Chaque contrat est différent, mais la grande majorité des compagnies exigent une preuve de ramonage réalisée dans les délais légaux. En l’absence de justificatif, vous serez considéré comme négligent.

Attestation ou facture : que réclament les assureurs ?

Deux solutions sont généralement acceptées :

  • Une facture d’un ramoneur professionnel, datée et signée
  • Une attestation de ramonage si vous le faites vous-même et que votre assureur l’autorise (rare)

Dans ce dernier cas, certains assureurs missionnent un expert indépendant pour vérifier le travail réalisé. Mais attention : sans preuve reconnue, aucun recours possible en cas de sinistre. Le recours à un professionnel certifié reste donc la voie la plus sécurisante… et la plus simple.

Peut-on ramoner sa cheminée soi-même ?

Ce que dit la loi

Il est légalement possible de ramoner sa cheminée soi-même, à condition de respecter certaines règles… et que votre assurance l’accepte. Le Code de la santé publique n’interdit pas le ramonage domestique, mais il impose qu’il soit réalisé dans les mêmes conditions d’efficacité qu’un professionnel, c’est-à-dire avec un matériel adapté et en respectant la fréquence imposée localement.

Cas autorisés et conditions

Certains contrats d’assurance permettent l’auto-ramonage, mais sous conditions strictes. En général, il faut :

  • Utiliser un hérisson manuel ou mécanique (jamais une bûche seule)
  • Effectuer le nettoyage sur toute la hauteur du conduit
  • Tenir un journal d’entretien daté et signé
  • Demander parfois une vérification par un expert missionné

Avant de vous lancer, vérifiez votre contrat d’assurance ou contactez votre assureur. Car en cas de sinistre, seule une attestation en bonne et due forme vous protégera.

Quand faire appel à un pro

Si le conduit est très encrassé, difficile d’accès, ou si vous avez un poêle récent sous garantie, le recours à un professionnel est vivement recommandé. C’est aussi le seul moyen d’obtenir une attestation valable juridiquement, reconnue par toutes les compagnies d’assurance.

Comptez en moyenne entre 50 et 120 € pour une intervention simple, avec parfois des frais supplémentaires si le ramonage nécessite une débistreuse ou une vérification caméra.

Comment choisir son matériel de ramonage

Quel type de hérisson pour quel conduit ?

Le hérisson est l’outil de base pour le ramonage mécanique. Il existe en plusieurs matériaux, à adapter selon la nature du conduit :

  • Hérisson en acier : idéal pour les boisseaux en béton ou les conduits maçonnés traditionnels
  • Hérisson en inox ondulé : recommandé pour les conduits en briques réfractaires
  • Hérisson en nylon ou polyéthercétone (PEEK) : parfait pour les tubages métalliques ou inox, car ils évitent les rayures

Le diamètre du hérisson doit être légèrement supérieur à celui du conduit pour gratter correctement les parois. Il doit également être compatible avec la canne que vous utilisez.

Canne, débistreuse, aspirateur à cendres… les indispensables

En complément du hérisson, vous aurez besoin de :

  • Une canne rigide ou flexible, souvent en sections vissables pour s’adapter à la hauteur du conduit
  • Une cordelette de sécurité pour éviter de perdre le hérisson dans le conduit
  • Une débistreuse si le conduit est fortement goudronné (dépôt de bistre)
  • Un aspirateur à cendres pour nettoyer proprement après l’opération

Avec ces outils, vous pouvez réaliser un ramonage efficace à condition de suivre les bonnes étapes… et de protéger correctement la pièce.

Méthodes de ramonage : par le haut ou par le bas

Avantages et inconvénients

Le ramonage peut être effectué par le haut (depuis le toit) ou par le bas (depuis l’intérieur de la maison). Les deux techniques sont valables, mais ne conviennent pas toujours aux mêmes situations :

  • Par le haut : c’est la méthode la plus courante chez les professionnels. Elle permet de contrôler visuellement l’état du chapeau de cheminée et assure un nettoyage complet par gravité. Elle évite aussi de salir l’intérieur de la pièce.
  • Par le bas : utile si l’accès au toit est difficile ou dangereux. Cette méthode nécessite plus de précautions pour éviter les projections de suie. Le travail se fait du bas vers le haut, avec un hérisson monté sur canne ou corde.

Dans tous les cas, le conduit doit être intégralement parcouru sur toute sa hauteur, sans oublier les coudes ou rétrécissements.

Cas particuliers (accès difficile, encastrement…)

Certains conduits très encrassés ou mal conçus nécessitent un ramonage mécanique renforcé. C’est le cas lorsqu’on retrouve du bistre, une sorte de goudron solide formé par une mauvaise combustion ou un conduit mal ventilé.

Dans ces cas-là, un professionnel utilisera une débistreuse électrique : un outil rotatif à têtes métalliques qui frappe les parois pour décoller les résidus. Attention : son usage est réservé aux pros, car mal utilisé, cet outil peut endommager le conduit.

La bûche de ramonage est-elle utile ?

Fonctionnement

La bûche de ramonage est un produit chimique à base de sciure compressée et d’additifs actifs. Une fois allumée dans le foyer, elle dégage des vapeurs qui agissent sur les dépôts de suie et de goudron dans le conduit. On parle de ramonage chimique, par opposition au ramonage mécanique avec hérisson.

Utilisation complémentaire

Attention : la bûche de ramonage ne remplace jamais un ramonage mécanique. Elle peut aider à désencrasser certaines zones inaccessibles (coudes, angles), mais elle ne suffit pas à décrocher les dépôts les plus épais ou les couches de bistre. Son usage est recommandé en complément, entre deux ramonages manuels.

Elle est surtout utile pour l’entretien régulier d’un conduit peu utilisé ou d’un insert moderne.

Précautions à prendre

  • N’utilisez une bûche de ramonage que dans un foyer en bon état, bien ventilé
  • Respectez scrupuleusement les consignes du fabricant (temps de combustion, ventilation, type de conduit compatible)
  • Évitez de la brûler dans un conduit déjà très encrassé ou contenant du bistre

Tutoriel : ramoner un poêle à bois

Matériel nécessaire

Le ramonage d’un poêle à bois est accessible, à condition d’être bien équipé. Voici ce qu’il vous faut :

  • Un kit de ramonage adapté au diamètre du conduit
  • Une corde ou des cannes télescopiques
  • Une bâche de protection ou vieux draps
  • Un seau à cendres ou un sac de récupération
  • Une balayette et pelle ou un aspirateur à cendres

Étapes détaillées

  1. Préparer la zone : recouvrez le sol et les meubles autour du poêle. Videz les cendres et ouvrez les trappes d’accès au conduit.
  2. Démonter les raccords : enlevez les manchons et les colliers pour accéder directement au tuyau.
  3. Assembler les cannes et fixer le hérisson. Attachez une cordelette de sécurité au cas où il se détache dans le conduit.
  4. Introduire le hérisson dans le conduit : effectuez des mouvements de va-et-vient et de rotation réguliers, sur toute la hauteur.
  5. Collecter les dépôts : laissez tomber la suie dans le bas du poêle ou dans un seau protégé.
  6. Nettoyer le foyer : aspirez ou balayez les résidus tombés dans l’appareil.

Astuces pratiques avant de commencer

Préparer correctement la pièce

Le ramonage peut vite devenir salissant. Avant de démarrer, pensez à :

  • Protéger le sol avec une bâche ou de vieux draps
  • Couvrir les meubles à proximité
  • Ouvrir légèrement une fenêtre pour aérer la pièce

Choisir le bon moment

Le meilleur moment pour ramoner une cheminée, c’est à la fin de la saison de chauffe (au printemps) ou juste avant l’hiver. Évitez les jours de pluie ou d’humidité excessive : les dépôts seront plus difficiles à décoller si les parois sont humides.

Penser à l’entretien régulier

Pour garder un conduit propre plus longtemps :

  • Brûlez toujours du bois sec, bien stocké
  • Évitez les résineux trop chargés en goudron
  • Ajoutez une bûche de ramonage tous les 2 à 3 mois en entretien

Questions fréquentes

Quel est le bon moment pour ramoner une cheminée ?

Il est recommandé de ramoner à la fin de l’hiver, quand vous arrêtez d’utiliser la cheminée, ou juste avant de la rallumer à l’automne. Le mieux reste de suivre les périodes imposées par votre mairie ou votre assureur.

Combien de fois par an faut-il ramoner ?

En général, le ramonage est obligatoire une à deux fois par an, selon l’utilisation et le type de combustible. Pour le bois, deux fois par an sont souvent exigées. Vérifiez toujours l’arrêté préfectoral de votre département.

Quelles sanctions si on ne ramone pas ?

En cas de contrôle ou d’incendie, l’absence de ramonage peut entraîner :

  • Une amende forfaitaire de 450 €
  • Le refus d’indemnisation par votre assurance en cas de sinistre

Un simple oubli peut donc coûter très cher.

Comment savoir si ma cheminée est encrassée ?

Certains signes doivent vous alerter :

  • Odeur de fumée anormale dans la pièce
  • Noircissement du vitrage de l’insert
  • Difficulté à allumer ou entretenir le feu
  • Fumée refoulée dans la pièce

Dans le doute, faites vérifier le conduit par un professionnel.

Ramoner une cheminée, ce n’est pas juste cocher une case légale : c’est garantir la sécurité de votre foyer, prolonger la durée de vie de votre installation, et optimiser vos performances de chauffage. Que vous le fassiez vous-même ou avec un professionnel, respecter les règles de ramonage est indispensable. Un hérisson, un peu d’huile de coude, et une bonne méthode suffisent bien s

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