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Brancher un va-et-vient soi-même, borne par borne

Un branchement va et vient relie deux interrupteurs à trois bornes par deux fils navettes : le fil de phase arrive sur la borne commune du premier, le retour lampe part de celle du second, et le neutre rejoint directement le luminaire. Ce câblage électrique permet d'allumer ou d'éteindre une lumière depuis deux endroits, à condition d'isoler le circuit au disjoncteur et de respecter la norme NF C 15-100.

Publié le

Brancher un va-et-vient soi-même, borne par borne

Le montage en trois gestes

  • Phase sur la borne commune (L) du premier interrupteur, retour lampe sur la borne commune du second.
  • Les deux navettes relient les bornes 1 et 2 d'un interrupteur aux bornes 1 et 2 de l'autre.
  • Neutre et fil de terre ne passent jamais par les interrupteurs : ils vont au point lumineux.
Sommaire

Le fonctionnement d'un va-et-vient en clair

Un interrupteur va-et-vient n'est pas un interrupteur simple allumage. Il possède trois bornes au lieu de deux : une borne commune, généralement repérée par la lettre L ou par une couleur différente, et deux bornes de sortie, notées 1 et 2 ou marquées de flèches. À l'intérieur, un contact bascule de l'une à l'autre selon la position de la touche. L'alimentation électrique passe donc toujours, mais tantôt vers la borne 1, tantôt vers la borne 2.

Le circuit d'éclairage se ferme quand les deux interrupteurs aiguillent la phase vers une navette identique. Si le premier envoie la phase sur la navette 1 et que le second attend sur la navette 2, la lampe reste éteinte. Basculez l'un ou l'autre, et les deux contacts se retrouvent alignés : la lampe s'allume. C'est ce fonctionnement de commutateur qui permet de commander une seule source de lumière depuis le haut et le bas d'un escalier, depuis les deux portes d'un séjour ou depuis l'entrée et le lit d'une chambre.

Ce principe explique aussi pourquoi un va-et-vient ne se câble pas comme un interrupteur simple. Un fil mal placé ne provoque pas toujours de court-circuit : il donne un montage qui marche une fois sur deux, ou qui ne marche que depuis une seule pièce. La plupart des pannes signalées sur les forums viennent de là.

Le matériel à réunir avant de commencer

La liste est courte, mais chaque élément compte pour la sécurité de l'installation électrique :

  • Deux interrupteurs va-et-vient de la même gamme (Legrand Dooxie ou Céliane, Schneider Odace, Hager Gallery, par exemple), avec leur mécanisme et leur plaque de finition. Un interrupteur va-et-vient peut aussi servir en simple allumage : c'est souvent la seule référence vendue en magasin.
  • Deux boîtes d'encastrement adaptées au support (placo, brique, béton), ou des boîtiers en saillie pour une pose apparente.
  • Du fil rigide H07V-U de section 1,5 mm² pour un circuit d'éclairage, en plusieurs couleurs. Notre guide d'achat des fils et câbles électriques détaille les sections et les gaines selon l'usage.
  • Une gaine ICTA ou une goulotte pour le cheminement des conducteurs entre les deux commandes et le plafonnier.
  • Les outils : tournevis d'électricien isolé, pince à dénuder, pince coupante, et surtout un vérificateur d'absence de tension (VAT). Un tournevis testeur ne suffit pas pour vérifier qu'un fil est hors tension.

Avant d'acheter, regardez les fiches des fabricants sur leur site : la position des bornes, à vis ou automatiques, varie d'un modèle à l'autre, et certaines gammes indiquent la borne L par une vis de couleur.

Code couleur des fils : ce qu'impose la norme

La norme NF C 15-100 fixe deux couleurs et laisse les autres libres. Le neutre est obligatoirement bleu. Le fil de terre est obligatoirement vert et jaune. La phase peut prendre n'importe quelle autre couleur ; dans la pratique, les électriciens utilisent le plus souvent le rouge, le marron ou le noir, d'où l'habitude de parler de phase rouge.

Pour les fils navettes, aucune couleur n'est imposée. L'usage a retenu la couleur orange ou le violet, parfois un fil de même couleur que la phase repéré par un ruban. Ce choix n'est pas un détail : six mois après la pose, une couleur orange identifiée immédiatement comme navette fait gagner un temps précieux au moment de modifier l'installation ou de remplacer un interrupteur.

Le fil de retour lampe, qui relie le second interrupteur au point lumineux, suit la même logique : il est sous tension quand la lampe est allumée, il ne doit donc jamais être bleu ni vert jaune.

Le câblage borne par borne

Voici les étapes pour brancher un va-et-vient sur une installation neuve ou rénovée. Le schéma de principe est toujours le même, quelle que soit la marque du matériel.

Couper l'alimentation et vérifier l'absence de tension

Coupez le disjoncteur du circuit d'éclairage au tableau électrique, puis vérifiez avec le VAT entre chaque fil et le neutre, et entre chaque fil et la terre. Si le circuit n'est pas identifié, coupez le disjoncteur général. Travailler sur un câblage électrique sous tension expose à une électrisation, même sur un circuit de 230 V protégé par un différentiel. Le rôle de ce dernier est expliqué dans notre page sur le fonctionnement d'un interrupteur différentiel.

Raccorder le premier interrupteur

Dénudez chaque conducteur sur environ un centimètre. Placez la phase sur la borne L du premier interrupteur. Connectez le premier fil navette sur la borne 1 et le second sur la borne 2. Serrez les vis franchement, ou enfoncez le conducteur jusqu'au déclic sur une borne automatique, puis tirez légèrement pour vérifier la tenue du contact.

Raccorder le second interrupteur

Sur le second interrupteur, la navette partie de la borne 1 du premier arrive sur la borne 1, celle partie de la borne 2 arrive sur la borne 2. Le fil de retour lampe se place sur la borne L du second interrupteur. Une inversion des deux navettes ne casse rien : le montage fonctionne, seul le sens des touches change. En revanche, une phase placée sur une borne de navette donne un va-et-vient qui ne fonctionne que dans une position.

Raccorder le point lumineux

Au plafond ou à l'applique, le raccordement électrique se fait ainsi : retour lampe sur l'entrée de phase du luminaire, neutre bleu sur le repère N et fil de terre sur le symbole de terre. Utilisez un domino, un connecteur à levier ou le bornier du point de centre DCL pour assurer une bonne connexion. Fixez ensuite les mécanismes dans leurs logements par griffes, clipsez les plaques de finition, et rétablissez l'alimentation.

Tester les quatre positions

Un test complet comporte quatre manœuvres : allumer depuis le premier point, éteindre depuis le second, allumer depuis le second, éteindre depuis le premier. Si une seule de ces combinaisons échoue, un fil est mal placé. Coupez le courant avant de rouvrir les boîtes.

Va-et-vient, bouton poussoir ou permutateur : quel montage choisir ?

Le va-et-vient est le bon choix pour deux points de commande. Au-delà, le câblage se complique et d'autres solutions prennent le relais. Le tableau compare les montages courants d'une installation domestique.

Type d'interrupteur Points de commande Fils entre les commandes Usage typique
Simple allumage1AucunPlacard, petite pièce à une porte
Va-et-vient22 navettesEscalier, chambre, séjour à deux accès
Va-et-vient + permutateur3 ou plus2 navettes passant par chaque permutateurLong couloir, pièce à trois portes
Bouton poussoir + télérupteurIllimité1 fil de commande vers le tableauCouloir, cage d'escalier, grand logement
Interrupteur double allumage va-et-vient2, pour deux éclairages4 navettesPlafonnier et appliques d'un même séjour

À partir de trois points de commande, le bouton poussoir relié à un télérupteur installé dans le tableau devient plus simple à câbler qu'une chaîne de permutateurs. Le principe et les variantes sont détaillés dans notre article sur les boutons poussoirs et leur raccordement.

Ce que la norme NF C 15-100 encadre

Le branchement d'un interrupteur va-et-vient s'inscrit dans un circuit d'éclairage qui doit respecter plusieurs règles. La section des conducteurs est de 1,5 mm², protégée par un disjoncteur de 16 A au plus au tableau. Un même circuit alimente au maximum 8 points lumineux. Les interrupteurs se placent à une hauteur comprise entre 0,90 m et 1,30 m du sol fini dans les logements neufs, côté ouverture de porte, pour rester accessibles.

Chaque sortie d'éclairage reçoit un fil de terre, même si le luminaire prévu est de classe II. Dans une salle de bains, les interrupteurs obéissent aux volumes de sécurité : aucun appareillage de commande dans les volumes 0 et 1. Ces règles valent pour un câblage neuf et pour une rénovation complète ; sur une installation ancienne conservée, il est conseillé de remettre au moins les protections à niveau.

Dernier point de sécurité : l'interrupteur coupe toujours la phase, jamais le neutre. Un montage qui coupe le neutre laisse la douille sous tension lampe éteinte, ce qui expose à un choc électrique lors d'un simple changement d'ampoule.

Remplacer un interrupteur va-et-vient existant

Remplacer un interrupteur sur un va-et-vient déjà en place demande surtout de repérer les fils avant de les débrancher. Après avoir coupé l'alimentation et vérifié l'absence de tension, déposez la plaque de finition, dévissez le mécanisme et sortez-le de la boîte sans tirer sur les conducteurs. Photographiez les bornes ou posez un ruban adhésif sur le fil de la borne L : c'est le seul qu'il ne faut pas confondre avec les navettes.

Les deux autres fils, quelle que soit leur couleur, se placent sur les bornes 1 et 2 du nouveau mécanisme, dans n'importe quel ordre. Sur un ancien câblage où toutes les couleurs sont identiques, le fil commun se retrouve au multimètre : circuit réalimenté, avec précaution, c'est le seul où la tension reste présente quelle que soit la position de la touche sur l'autre commande. Une fois repéré, remettez le disjoncteur en position arrêt avant de connecter le nouvel interrupteur.

Le même raisonnement vaut si vous changez de gamme, par exemple pour passer à un modèle connecté : certains interrupteurs connectés exigent un neutre dans la boîte, absent de la plupart des installations anciennes. Vérifiez la notice avant l'achat. Nos pages consacrées à l'électricité, la domotique et la sécurité présentent ces différents équipements.

Va-et-vient en panne : les erreurs de câblage les plus courantes

Quatre défauts expliquent l'essentiel des montages qui ne fonctionnent pas :

  • La lampe ne s'allume que depuis un point de commande : la phase ou le retour lampe est sur une borne de navette au lieu de la borne L. Repérez la borne commune sur chaque mécanisme et replacez le fil.
  • La lampe ne s'allume jamais : une navette est mal serrée ou coupée dans la gaine, le neutre n'arrive pas au point lumineux, ou l'ampoule est hors service. Testez d'abord l'ampoule sur une autre douille, puis contrôlez également la continuité des navettes au multimètre, installation hors service.
  • Le disjoncteur saute à la remise sous tension : un fil dénudé trop long touche la boîte métallique ou un autre conducteur, ou la phase a été raccordée sur le neutre au luminaire.
  • La lampe grésille ou clignote : un contact mal serré chauffe. À traiter immédiatement : un serrage défaillant est une cause connue d'échauffement dans une boîte d'encastrement.

Si le montage reste incompréhensible après ces vérifications, ou si l'installation présente des traces de chauffe, faites intervenir un professionnel, électricien qualifié. Le même réflexe s'applique aux autres travaux sur le réseau, comme le branchement d'une prise électrique.

Va-et-vient : les situations qui posent question

Peut-on brancher un va-et-vient avec un câble à trois conducteurs seulement ?

Oui, entre les deux interrupteurs, il suffit des deux navettes. Le troisième conducteur du câble peut porter la phase ou le retour lampe selon le cheminement choisi. En revanche, ce câble ne doit pas utiliser son conducteur vert et jaune comme navette : ce fil est réservé à la terre.

Faut-il un neutre dans la boîte d'un interrupteur va-et-vient ?

Non, pour un interrupteur mécanique classique. Le neutre rejoint directement le luminaire. Il devient nécessaire pour certains interrupteurs connectés, variateurs ou interrupteurs à voyant, selon le modèle.

Comment reconnaître la borne commune d'un interrupteur ?

Elle est généralement marquée L, parfois d'une vis de couleur ou isolée des deux autres sur le mécanisme. Sur les modèles Legrand et Schneider, le repère figure au dos de l'appareillage et sur le schéma de la notice.

Un interrupteur va-et-vient peut-il servir de simple allumage ?

Oui : on utilise la borne L et une seule des deux bornes de sortie. C'est même la solution la plus courante, car la plupart des fabricants ne vendent plus que des interrupteurs va-et-vient.

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L'assistant lit la version publique de la page et la résume. Le détail et les chiffres exacts restent ceux de l'article.

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