Interrupteur différentiel type A ou type AC, lequel poser sur chaque circuit
Interrupteur différentiel type A ou type AC, lequel poser sur chaque circuit
Pour un différentiel type A ou AC, le verdict tient en une ligne : type A sur les circuits dont les appareils génèrent une composante continue (plaque de cuisson, lave-linge, borne de recharge), type AC sur l'éclairage, les prises standard et le chauffage électrique.

Sommaire
Quelle est la différence entre type A et AC ?
Un interrupteur différentiel compare en permanence le courant qui entre dans un circuit et celui qui en ressort. Si une partie du courant s'échappe vers la terre (un câble abîmé, un appareil humide, une personne en contact avec une partie sous tension), l'écart est détecté et le dispositif coupe. La différence entre les deux types porte sur la forme des fuites de courant qu'il sait reconnaître.
Le type AC détecte uniquement les courants de fuite alternatifs sinusoïdaux, ceux d'un circuit électrique classique alimenté en courant alternatif 230 V. C'est le modèle standard, celui qui équipe la majorité des rangées d'un tableau électrique.
Le type A détecte les mêmes fuites, et en plus les courants de fuite à composante continue pulsée. Cette forme de courant est générée par l'électronique de puissance des appareils récents : redresseurs, variateurs, cartes de commande. Face à une telle fuite, un type AC peut rester aveugle, ou réagir trop tard : la protection existe sur le papier, pas dans les faits.
Le type A couvre donc tout ce que couvre le type AC. L'inverse est faux, et c'est pour cette raison que la norme impose le type A sur certains circuits sans jamais l'interdire ailleurs.
Les deux modèles partagent la même sensibilité de 30 mA, seuil retenu pour protéger les personnes contre l'électrocution, et la même intensité nominale. Ils se distinguent par un composant de mesure différent, pas par leur niveau de sécurité face à un défaut d'isolement classique sur un fil dénudé, qui reste aussi la première cause d'incendie domestique d'origine électrique.
Comparatif critère par critère
| Critère | Type AC | Type A |
|---|---|---|
| Fuites détectées | Courant alternatif sinusoïdal | Alternatif + continu pulsé |
| Circuits visés | Éclairage, prises standard, radiateurs, volets | Plaque de cuisson, lave-linge, recharge du véhicule |
| Exigence de la norme | Admis sur les circuits courants | Obligatoire sur les circuits désignés |
| Prix | Plus bas | Plus élevé, écart modéré |
| Risque si mal placé | Fuite non vue sur un appareil électronique | Aucun, simple surcoût |
Quels appareils nécessitent un type A ?
La norme NF C 15-100, qui encadre l'installation électrique des logements en France, désigne les circuits à placer derrière un interrupteur différentiel 30 mA type A. Deux sont cités depuis longtemps et figurent dans tous les schémas de tableau :
- le circuit de la plaque de cuisson (induction ou vitrocéramique), dont l'électronique génère des fuites à composante continue ;
- le circuit du lave-linge, dont le moteur est piloté par une carte électronique.
La borne de recharge d'un véhicule électrique ou la prise renforcée qui l'alimente demande au minimum un type A ; selon le matériel, le fabricant exige en plus une détection des courants continus lisses (type B, ou détecteur 6 mA intégré à la borne). La notice de la borne fait foi, et l'installation d'une IRVE au-delà d'une certaine puissance relève d'un installateur qualifié.
D'autres équipements gagnent à passer sous un type A même quand le texte ne l'impose pas : le four à chaleur tournante électronique, le lave-vaisselle, le sèche-linge, la pompe à chaleur ou la climatisation à moteur inverter, la pompe de filtration d'une piscine à vitesse variable. Tous embarquent un variateur ou un redresseur. Ajouter un type A pour les regrouper coûte peu et supprime le doute.
Quels sont les avantages du type A ?
Le premier avantage tient à la couverture : un seul modèle sait protéger les appareils d'hier et ceux qui arriveront demain. Le parc domestique évolue vite, et un circuit prévu pour des prises banales finit souvent par alimenter un appareil à moteur électronique. Installer du type A dès le départ évite de revoir le tableau à chaque nouvel achat.
Le second avantage concerne la sécurité des personnes au quotidien. Un type AC traversé par une fuite continue peut voir son noyau magnétique saturé : il ne déclenche plus, même pour une fuite qu'il saurait normalement détecter. Le type A garde sa capacité de protéger dans ces conditions, ce qui en fait le meilleur choix pour une salle d'eau ou une cuisine très équipée.
Le dernier avantage est pratique : un électricien recommande souvent d'installer deux rangées en type A plutôt qu'une, afin de répartir les gros appareils et de limiter les perturbations. Les gammes Schneider et Legrand proposent le même encombrement et les mêmes accessoires (peignes, borniers) pour les deux types, ce qui rend l'utilisation d'un type A aussi simple qu'un type AC.
Quand utiliser un disjoncteur type AC ?
Le type AC reste parfaitement adapté aux circuits qui n'alimentent que des charges résistives ou des appareils sans électronique de puissance : l'éclairage, les prises standard 16 A des chambres et du séjour, les radiateurs électriques à résistance, le chauffe-eau, les volets roulants. Sur ces circuits, aucun appareil ne génère de fuite continue pulsée, et le type AC protège les personnes aussi bien qu'un type A.
Une nuance gagne du terrain : les ampoules LED et leurs alimentations, les box internet, les chargeurs et l'informatique branchés sur les prises standard contiennent tous un peu d'électronique. Leurs courants de fuite restent très faibles, et l'usage courant les laisse sur un type AC. Plusieurs fabricants et électriciens conseillent toutefois de passer l'ensemble du tableau en type A lors d'une rénovation, ce que rien n'interdit. Le surcoût par interrupteur reste modéré au regard de la durée de vie d'un tableau.
Comment choisir entre type A et AC circuit par circuit ?
La méthode la plus sûre consiste à partir des circuits et non du matériel. On dresse la liste des lignes du tableau électrique, puis on affecte chaque disjoncteur divisionnaire à un interrupteur différentiel, en respectant trois conditions : chaque circuit est protégé par un différentiel 30 mA, les circuits désignés par la norme sont sous un type A, et les circuits d'une même pièce sont répartis sur plusieurs rangées pour qu'un seul déclenchement ne plonge pas tout le logement dans le noir.
| Circuit | Type d'interrupteur adapté | Remarque |
|---|---|---|
| Plaque de cuisson | Type A | Imposé par la norme |
| Lave-linge | Type A | Imposé par la norme |
| Borne de recharge | Type A minimum, B ou F selon la borne | Lire la notice du fabricant |
| Lave-vaisselle, four, congélateur | Type A conseillé | Modèle immunisé pour le froid |
| Éclairage, prises standard | Type AC | Type A admis |
| Radiateurs, chauffe-eau, salle de bain | Type AC | 30 mA obligatoire |
Le calibre (25, 40 ou 63 A) se choisit ensuite selon la somme des disjoncteurs placés en aval : un 63A type A se justifie quand la plaque, le four et le lave-linge partagent la même rangée. Le pouvoir de coupure, lui, concerne les disjoncteurs et non l'interrupteur différentiel, qui ne protège pas contre les surcharges. Pour câbler proprement la rangée, une machine à dénuder le cuivre n'a aucune utilité : une simple pince à dénuder suffit pour des conducteurs de 1,5 à 6 mm².
Interrupteur ou disjoncteur différentiel, type F et type B
Le vocabulaire prête à confusion. Un interrupteur différentiel ne fait que détecter les fuites : il protège les personnes, pas les câbles, d'où la présence des disjoncteurs divisionnaires en dessous. Un disjoncteur différentiel réunit les deux fonctions dans un seul module, utile pour un circuit isolé (une dépendance, une pompe de puits). On parle aussi de DDR de type A ou AC, pour dispositif différentiel résiduel : c'est la même famille. Le disjoncteur de type S de 500 mA placé au branchement EDF, en tête d'installation, n'a pas le même rôle et ne remplace aucun 30 mA.
Deux autres lettres complètent la gamme :
- Type F
- Il détecte ce que voit le type A, plus les courants de fuite à fréquences mixtes produits par les moteurs à vitesse variable. Il convient aux pompes à chaleur, climatiseurs et machines à moteur inverter.
- Type B
- Il détecte aussi les courants continus lisses. On le rencontre sur certaines bornes de recharge et sur les onduleurs de panneaux solaires sans isolation galvanique, quand leur notice le demande.
Chez Schneider Electric comme chez Legrand, les versions dites « immunisées » (Si, Hpi selon la marque) sont des type A renforcés contre les déclenchements intempestifs : un bon choix pour le congélateur, dont une coupure nocturne passe inaperçue jusqu'au lendemain.
Les erreurs fréquentes au tableau électrique
La première erreur consiste à remplacer un type A défaillant par un type AC trouvé en promotion. Le tableau fonctionne, rien ne déclenche, et la plaque de cuisson se retrouve protégée par un dispositif qui ne voit pas ses fuites. La lettre et le symbole gravés en face avant permettent de vérifier le produit avant l'achat.
La deuxième erreur tient à la répartition : brancher le lave-linge, le lave-vaisselle et la plaque sur un seul différentiel de 40 A déjà chargé, au risque de déclenchements dus au cumul des fuites naturelles des appareils. Mieux vaut ajouter une rangée qu'empiler.
La troisième consiste à confondre déclenchement intempestif et défaut réel. Un différentiel qui saute régulièrement signale souvent un appareil en fin de vie ou de l'humidité dans une boîte de connexion extérieure. Débrancher les appareils un à un pour isoler le fautif reste plus utile que de changer de type au hasard. Une intervention sur le tableau se fait toujours compteur coupé, disjoncteur général ouvert ; au moindre doute sur la conformité, faire contrôler l'installation par un électricien. Le contrôle technique d'un particulier se limite à un geste utile : appuyer chaque mois sur le bouton test de chaque interrupteur, une mesure simple que le fabricant recommande également dans sa notice.
Avant d'ajouter un appareil puissant, le conseil reste de vérifier sur sa fiche technique ou sur le site du fabricant l'information sur le type de protection nécessaire. Les services techniques de Schneider et de Legrand publient ces données, mises à jour au fil des gammes, et leur service client répond par téléphone aux questions d'installation.
Pour comparer d'autres équipements de la maison avant un achat, nos comparatifs et guides d'achat d'outillage réunissent les critères qui comptent. Un chantier de mise aux normes complet passe par un professionnel : la page devis gratuit pour vos travaux permet de décrire le besoin.
Différentiel type A ou AC dans les cas limites
Peut-on mettre uniquement des interrupteurs type A ?
Rien ne l'interdit : le type A couvre toutes les fuites que détecte le type AC. Un tableau entièrement en type A est conforme, seul le budget change, et de façon modérée.
Un type AC suffit-il pour une plaque de cuisson au gaz ?
Une table de cuisson au gaz n'a qu'un allumage électrique et pas d'électronique de puissance : le circuit qui l'alimente peut rester sur un type AC. L'exigence du type A vise les plaques électriques, induction en tête.
Quel type pour une prise de recharge de voiture électrique ?
Le type A est le minimum. Selon le modèle de borne ou de prise renforcée, le fabricant demande un type F, un type B ou une détection des courants continus intégrée : sa notice tranche la question.
Comment reconnaître le type d'un interrupteur déjà posé ?
La lettre figure en face avant (A, AC, F ou B), accompagnée d'un symbole : une seule sinusoïde pour le type AC, une sinusoïde suivie d'une demi-onde pour le type A.











