Aller au contenu
Bricolage.fr
Fermer
8 min251 lectures

Grue à tour, grue mobile, grue auxiliaire : reconnaître chaque famille

Les différents types de grues se rangent en deux familles sur un chantier : la grue à tour, fixée au sol pour la durée des travaux, et la grue mobile, qui arrive sur roues ou sur chenilles et repart le soir. La hauteur à atteindre, la charge à lever, la portée de la flèche et l'emprise au sol décident du bon engin de levage.

Par Cyril KUHM

Publié le

Focus sur les différents types de grues et leur rôle sur site

Grue à tour : un mât vertical et une flèche horizontale, pour les chantiers de construction longs et en hauteur.

Grue mobile : sur camion, sur pneus ou sur chenilles, avec une flèche télescopique ou en treillis, pour des levages ponctuels et lourds.

Grue auxiliaire et mini grue : montées sur un porteur ou compactes comme une araignée, pour les livraisons et les espaces étroits.

Sommaire

Deux grandes familles d'appareils de levage

Une grue de chantier sert à soulever une charge, à la déplacer à l'horizontale puis à la déposer avec précision, grâce à un câble, un crochet de levage et un mouvement de rotation. La distinction utile oppose la grue fixe, installée pour des semaines ou des mois, et la grue mobile, qui se déplace d'un site à l'autre par la route. Chaque modèle a ses spécificités techniques et son usage propre ; pour une présentation de matériels de levage disponibles sur le marché et pour en savoir plus sur les grues SNM, les fiches des fabricants détaillent capacité, hauteur sous crochet et portée.

Ce classement en deux familles reste le plus courant chez les loueurs et dans les formations de grutier. À l'intérieur de chaque famille, le mode de montage, le type de flèche et la base (pneus, chenilles, porteur) donnent les sous-catégories que cet article décrit plus bas. Il existe ainsi un modèle pour chaque besoin, de la mini grue utilisée dans une cour à la grue géante utilisée sur un chantier naval.

La grue à tour, repère des chantiers de construction en hauteur

La grue à tour se compose d'un mât vertical, d'une flèche horizontale, d'une contre-flèche lestée par un contrepoids et d'une cabine ou d'une radiocommande. Un chariot roule le long de la flèche et porte le crochet : il règle la portée, tandis que la rotation au sommet du mât oriente la charge. Cette architecture couvre une grande surface au sol depuis un seul point, ce qui explique sa présence sur les immeubles, les ouvrages d'art et les chantiers de logements collectifs.

Montage par éléments ou montage rapide

La grue à tour à montage par éléments arrive en pièces sur plusieurs camions ; une grue mobile assemble le mât tronçon par tronçon, et l'appareil peut ensuite grandir avec le bâtiment. Elle atteint une grande hauteur et lève des charges lourdes, mais son montage demande un plan d'installation, une étude du sol et des fondations. La grue à montage rapide, ou automatisé, se déplie seule à partir d'un essieu remorqué : elle s'installe en quelques heures, avec une hauteur et une capacité de levage plus modestes, et convient aux maisons individuelles comme aux petits immeubles. Sur le terrain, les professionnels parlent de GME pour la grue à montage par éléments et de GMA pour la grue à montage automatisé.

Flèche distributrice ou flèche relevable

La grue à flèche distributrice garde sa flèche horizontale et déplace la charge grâce au chariot. La grue à flèche relevable incline sa flèche pour rapprocher ou éloigner la charge : son rayon de giration réduit lui permet de travailler en centre-ville, entre des bâtiments voisins ou quand plusieurs grues se croisent sur un même site.

La grue mobile, pour lever lourd puis repartir

La grue mobile réunit sur un même châssis le moteur, la cabine de conduite, une superstructure pivotante et la flèche. Avant tout levage, le grutier déploie les stabilisateurs, qui répartissent le poids de l'engin et de la charge sur une surface élargie ; un limiteur électronique surveille en continu l'angle de la flèche, la portée et la charge maximale autorisée. Le déplacement par la route évite tout montage : la grue mobile arrive le matin, lève une charpente, une cuve ou des poutres, et quitte le chantier une fois le travail terminé.

Grue mobile sur camion prête à lever sur un chantier

Une grue mobile sur camion, stabilisateurs déployés avant le levage

Sur camion, sur pneus ou sur chenilles

La grue sur camion, appelée aussi camion grue ou grue automotrice, circule sur route à vitesse normale et se met en station rapidement. La grue tout-terrain, sur pneus à plusieurs essieux directeurs, combine cette mobilité routière avec une bonne tenue sur un terrain irrégulier. La grue sur chenilles se déplace lentement et arrive démontée, mais ses chenilles répartissent la charge sur une large emprise au sol : elle peut évoluer avec une charge suspendue et soulève des charges plus lourdes que la plupart des grues sur pneus, ce qui en fait l'outil des centrales, des éoliennes et des ponts.

Flèche télescopique ou flèche en treillis

La grue télescopique sort sa flèche par éléments emboîtés, actionnés par des vérins hydrauliques : la mise en place est rapide et la portée se règle au mètre près. La flèche en treillis, assemblée sur place à partir de sections métalliques, pèse moins lourd pour une longueur donnée et atteint les plus grandes hauteurs de levage, au prix d'un montage plus long et d'un convoi de transport important.

Comparer les types de grues d'un coup d'œil

Type de grueMobilitéHauteur et capacitéUsage typique
Grue à tour à montage par élémentsFixe, montage de plusieurs joursTrès grande hauteur, charges lourdesImmeubles, ouvrages d'art
Grue à montage rapideFixe, dépliée en quelques heuresHauteur et charge moyennesMaisons, petits collectifs
Grue mobile télescopiqueSur route, en service le jour mêmeDe moyenne à très élevéeCharpentes, levages ponctuels
Grue sur chenillesTransportée en convoi, lente sur siteLes plus fortes chargesÉoliennes, industrie, ponts
Grue auxiliaire sur porteurMontée sur le camion de livraisonCharges légères à moyennesDéchargement de matériaux
Mini grue araignéeSur chenilles, passe une porteCharges légèresVitrages, intérieurs, cours

Grues auxiliaires, mini grues et grues araignées

La grue auxiliaire, ou grue sur porteur, se fixe derrière la cabine d'un camion de livraison. Son bras articulé décharge parpaings, poutrelles et palettes directement sur le chantier, sans autre engin de levage ; elle sert aussi à poser une piscine coque ou un abri de jardin. Une grue sur remorque remplit le même rôle pour de petites charges, tractée derrière un utilitaire.

La mini grue, souvent appelée grue araignée pour ses quatre stabilisateurs déployés comme des pattes, tient sur des chenilles assez étroites pour franchir une porte. Elle lève des vitrages, des éléments de façade ou des machines dans un hall, une cour intérieure ou un jardin inaccessible à un camion. Pour un particulier qui prépare une extension, elle se loue avec d'autres engins de chantier, au même titre qu'une mini pelle louée pour un week-end lors du terrassement.

Grues portuaires et géants du levage

Les grues portuaires assurent la manutention portuaire : portiques à conteneurs sur rails, grues mobiles de port sur pneus, grues de quai à flèche relevable. Leur structure résiste à la prise au vent du bord de mer et leur rythme de travail suit celui des navires. Les records de levage appartiennent à des appareils hors normes : la grue sur chenilles Liebherr LR 13000 lève jusqu'à 3 000 tonnes selon son fabricant, et la grue portique Taisun, installée au chantier naval de Yantai en Chine, a soulevé plus de 20 000 tonnes lors d'un levage d'essai homologué par le Guinness World Records en 2008.

Comment choisir une grue pour un chantier ?

Choisir une grue commence par la charge la plus lourde et la distance à laquelle elle doit être posée : la capacité de levage d'une grue baisse quand la portée augmente. Une utilisation différente, levage répété de petites charges ou levage unique d'une pièce lourde, oriente vers une famille différente. Le tableau de charge du constructeur donne, pour chaque longueur de flèche et chaque rayon, la charge maximale admissible ; c'est ce document, et non la capacité nominale affichée en grand sur la brochure, qui tranche.

  • Durée du chantier : une grue fixe se justifie sur des mois de travaux, une grue mobile pour quelques jours de levage.
  • Espace disponible : emprise au sol des stabilisateurs, zone de rotation, voisinage et lignes électriques.
  • Nature du sol : portance vérifiée, plaques de répartition sous les patins ; un sol remanié par les étapes du terrassement se contrôle avant la mise en station.
  • Vitesse du vent : chaque modèle a un seuil de vent fixé par le constructeur, au-delà duquel le levage s'arrête ; l'anémomètre en cabine le surveille.
  • Hauteur sous crochet : la hauteur du bâtiment fini plus l'élingage et une marge de passage au-dessus des obstacles.

Dans la pratique, une grue fixe offre une meilleure couverture du chantier pour une immobilisation longue, quand la grue mobile offre une meilleure mobilité pour des levages ponctuels. Un loueur ou un bureau de levage établit un plan de levage pour les opérations lourdes ou délicates.

Quel CACES pour conduire chaque type de grue ?

La conduite d'une grue en France exige une autorisation de conduite délivrée par l'employeur, appuyée sur une formation ; le CACES, recommandé par l'Assurance maladie, sert de référence pour cette formation. Chaque famille a sa recommandation : la R483 pour les grues mobiles, la R487 pour les grues à tour et la R490 pour les grues auxiliaires de chargement de véhicules. La R487 distingue les grues à tour à montage par éléments à flèche distributrice, celles à flèche relevable et les grues à montage automatisé.

Le CACES de grue se renouvelle tous les cinq ans. Le camion grue impose en plus le permis poids lourd adapté au porteur. Sur la zone de levage, le port d'un casque de chantier aux normes et le balisage sous la charge restent obligatoires pour tous les intervenants. La sécurité tient aussi au chef de manœuvre, qui guide le grutier à la radio quand la charge sort de son champ de vision, et au contrôle des câbles, poulies et élingues avant chaque poste.

De la roue à écureuil à la grue connectée

Les premières grues de construction remontent à l'Antiquité grecque et romaine, mues par la force humaine. Au Moyen Âge, la roue à écureuil, actionnée par des hommes marchant à l'intérieur, élève les pierres des cathédrales. En 1949, Hans Liebherr présente une grue à tour transportable et rapide à monter, qui ouvre la voie aux grues à montage rapide actuelles. Les modèles récents ajoutent des motorisations électriques ou hybrides, l'anticollision entre grues voisines et la télésurveillance des données de levage pour la maintenance.

Vidéo YouTube

Grue pour une maison individuelle, modèles courants et chantier étroit

Quelle grue pour construire une maison individuelle ?

Pour une maison individuelle, la grue à montage rapide est le choix le plus courant : elle s'installe en quelques heures et couvre toute la parcelle. Une grue mobile suffit si les levages se limitent à la charpente ou aux prédalles sur une ou deux journées.

Quelles sont les grues les plus courantes en France ?

Les grues les plus courantes restent la grue à tour, présente sur la plupart des chantiers de logements, la grue mobile télescopique pour les levages ponctuels et la grue auxiliaire montée sur les camions de livraison de matériaux.

Quelle grue passe dans un espace étroit ?

Dans un espace étroit, la mini grue araignée franchit une porte et lève en intérieur ; en centre-ville, la grue à tour à flèche relevable réduit le rayon de giration et évite le survol des bâtiments voisins.

Partager cet article

Suivez Bricolage.fr

Demander un résumé à

L'assistant lit la version publique de la page et la résume. Le détail et les chiffres exacts restent ceux de l'article.

Dernières actus de la rubrique Rénovation & travaux