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Boîtes aux lettres d'un immeuble en copropriété : qui règle l'installation, le remplacement et les réparations
Pour une boîte aux lettres en copropriété, qui paye dépend d'une question : l'équipement relève-t-il des parties communes ou d'un lot ? Le bloc fixé au mur suit les travaux votés pour tout l'immeuble et gérés par le syndic ; la serrure, l'étiquette et les clés restent au compte de chaque occupant.
Par Cyril KUHM
Publié le

- Bloc, support, mise aux normes
- Dépense collective, votée en assemblée générale et répartie selon les tantièmes.
- Serrure, clés, porte individuelle, étiquette
- Dépense du copropriétaire, qui peut la répercuter sur son locataire quand il s'agit d'entretien courant.
- Logement loué
- Le bailleur doit fournir une boîte en état de servir ; le locataire paie les menues réparations.
Sommaire
Partie commune ou élément d'un lot : le critère qui fixe le payeur
La boîte aux lettres d'une copropriété n'a pas de statut unique fixé par la loi : c'est le règlement de copropriété qui la classe. Dans la grande majorité des immeubles, le bloc de boîtes installé dans le hall figure parmi les parties communes, au même titre que l'interphone ou la porte du hall. Chaque compartiment, avec sa porte et sa serrure, est en revanche affecté à l'usage exclusif d'un lot.
Ce classement commande tout le reste. La loi du 10 juillet 1965, qui organise le statut de la copropriété, prévoit que les charges relatives à la conservation, à l'entretien et à l'administration des parties communes se répartissent entre les copropriétaires en proportion de leurs quotes-parts, exprimées en tantièmes ou en millièmes. Un remplacement complet du bloc entre donc dans le budget de l'immeuble et apparaît sur l'appel de fonds de chacun, à hauteur de sa quote-part.
Quand le règlement range au contraire les boîtes en partie privative, situation plus rare dans les résidences anciennes, le syndicat ne peut pas imposer leur changement à un propriétaire. Les copropriétaires gardent la possibilité de s'entendre pour une opération groupée, mais chacun reste maître de sa propre boîte. Avant toute décision, la première étape consiste donc à relire le règlement et l'état descriptif de division, que le syndic communique sur simple demande.
Ce que prévoit la réglementation sur les boîtes normalisées
La réglementation des boîtes aux lettres d'un immeuble collectif découle d'un arrêté du 29 juin 1979, repris par le code de la construction et de l'habitation. Elle impose des boîtes conformes aux normes NF D 27-404 (installation intérieure) ou NF D 27-405 (installation extérieure) pour les immeubles dont le permis de construire date d'après le 12 juillet 1979. Le texte exige au moins autant de boîtes que de logements, des serrures agréées par La Poste et un accès possible pour le facteur.
Selon le guide de La Poste destiné aux professionnels, les boîtes se fixent entre 0,90 m et 1,30 m du sol et se regroupent en un point unique, en général le hall. Pour un bâtiment plus ancien, aucune obligation légale n'impose de modifier une installation existante, sauf si l'immeuble reçoit un nouveau permis pour une extension ou une surélévation. La distribution du courrier peut toutefois être suspendue si les boîtes ne permettent plus au facteur de déposer les plis : le courrier part alors en instance au bureau de poste de rattachement.
Cette mise en conformité, quand elle s'impose, constitue une dépense commune. Le syndic l'inscrit à l'ordre du jour de l'assemblée générale avec plusieurs devis, et les copropriétaires la financent selon la répartition prévue au règlement.
Remplacer le bloc collectif : vote, devis et répartition
Le remplacement des boîtes aux lettres d'une copropriété suit la procédure des travaux d'entretien des parties communes. Le syndic, ou le conseil syndical, constate l'usure, la non-conformité ou les dégradations, puis réunit des devis de professionnels. La résolution se vote en assemblée générale à la majorité de l'article 24 de la loi de 1965, soit la majorité des voix exprimées des copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance.
Le choix du modèle se discute lors de cette décision : matériau, nombre de compartiments, place réservée aux colis, contrôle d'accès compatible avec le passage du facteur. Pour comparer, un fournisseur spécialisé présente les Boites aux lettres collectives en différentes configurations, ce qui aide à rédiger un cahier des charges avant de consulter les entreprises.
Une fois le vote acquis, la facture se répartit selon la clé des charges générales, c'est-à-dire les millièmes de chaque lot, sauf clé spéciale prévue par le règlement pour l'équipement du hall. La différence de quote-part entre un studio et un grand appartement se retrouve donc dans le calcul. Le syndic gère ensuite la commande, la pose et la réception du chantier ; La Poste recommande de prévenir le bureau distributeur pour que le facteur dispose des nouveaux accès dès le premier jour.
Fixer un bloc lourd dans un mur porteur demande un perçage propre : l'entreprise retenue apporte son outillage, mais une petite copropriété qui confie la pose à un résident bricoleur passera souvent par la location de matériel de bricolage pour disposer d'un perforateur et d'un niveau laser.
Répartition des frais, dépense par dépense
La répartition des frais liés aux boîtes aux lettres se lit plus facilement poste par poste. Le tableau suivant reprend les cas les plus courants dans une résidence où le bloc appartient aux parties communes, le cas le plus répandu.
| Dépense | Qui la supporte | Fondement |
|---|---|---|
| Remplacement ou installation du bloc | Tous les copropriétaires, selon leurs tantièmes | Charges générales, vote en assemblée |
| Réparation du support mural | Syndicat des copropriétaires | Entretien des parties communes |
| Serrure défaillante, double de clé | Occupant du lot | Élément à usage exclusif |
| Étiquette nominative | Occupant, ou syndic si plaques uniformes votées | Règlement intérieur de la résidence |
| Fourniture d'une boîte dans un logement loué | Bailleur | Jouissance paisible des lieux |
Étiquettes, clés et colis : les cas du quotidien
Qui doit payer les plaques nominatives ?
Les plaques nominatives des boîtes sont à la charge de l'occupant, sauf décision de l'assemblée d'harmoniser toutes les étiquettes. Dans ce second cas, le syndic commande une série identique et la dépense rejoint les charges communes, chaque nouvel arrivant réglant ensuite sa propre plaque lors d'un changement de résident.
Comment changer le nom sur la boîte ?
Pour changer le nom inscrit sur une boîte aux lettres, l'occupant s'adresse au syndic ou au gardien, qui détient souvent le modèle d'étiquette imposé par le règlement intérieur. Un nouveau locataire peut aussi signaler sa demande en ligne, par mail, via l'espace client du gestionnaire. Sans nom lisible, le facteur ne dépose pas les plis recommandés ni certains envois de colis.
La clé est perdue : qui appelle le serrurier ?
La perte d'une clé de boîte reste une affaire individuelle : l'occupant fait remplacer le barillet par un professionnel, avec une serrure agréée, et paie l'intervention. Le syndic n'intervient que si le défaut touche plusieurs compartiments à la fois, signe d'un problème du bloc lui-même.
Faut-il prévoir des casiers à colis ?
Aucune règle n'impose de consigne à colis. Leur avantage tient au volume croissant de livraisons : profiter du remplacement des boîtes pour ajouter des casiers sécurisés évite les paquets laissés dans le hall. Cette solution suppose un vote distinct, car elle constitue une amélioration et non un simple entretien.
Que faire en cas de vandalisme ou de boîte forcée ?
Une boîte aux lettres vandalisée relève de l'assurance de l'immeuble quand le bloc entier est touché : le syndic déclare le sinistre à l'assureur de la copropriété, dépose plainte et fait réparer. Lorsqu'un seul compartiment est forcé, l'occupant s'adresse d'abord à son assurance habitation, dont le contrat couvre parfois le vol ou la dégradation des éléments privatifs ; l'indemnisation dépend alors des garanties souscrites.
La plainte pour vol de courrier se dépose auprès de la police ou de la gendarmerie, et un signalement à La Poste permet de suivre les envois perdus. Pour limiter la répétition des dégradations, certaines résidences votent l'installation d'une caméra de surveillance extérieure sans fil orientée vers l'entrée, à condition de respecter les règles d'information des résidents et de ne pas filmer la voie publique.
Si la serrure forcée a abîmé le support, la réparation du bloc revient au syndicat, et celle de la porte individuelle au copropriétaire ou à son assurance. Le partage se fait au cas par cas selon ce qui a cédé.
Bailleur et locataire : la boîte d'un logement loué
Dans un logement loué au sein d'une copropriété, le bailleur doit fournir une boîte aux lettres en état de fonctionnement. L'ANIL rattache cette obligation à la jouissance paisible des lieux due au locataire : l'installation ou le remplacement d'une boîte manquante reste à la charge du propriétaire, qui ne peut pas la répercuter.
Le locataire supporte les réparations locatives : graissage de la serrure, remplacement d'une clé perdue, changement d'étiquette au début du bail. La part des travaux de parties communes votés en assemblée reste au propriétaire, sauf la fraction d'entretien courant que la liste des charges récupérables autorise à refacturer. En fin de bail, l'état de la boîte figure dans l'état des lieux de sortie, au même titre que les autres équipements remis au locataire.
Lors d'une vente immobilière, l'acheteur reprend la quote-part des travaux votés après la signature selon les règles habituelles de répartition entre vendeur et acquéreur : un remplacement du bloc décidé avant la vente reste en principe au vendeur, ce que le notaire vérifie avec le syndic. Pour les travaux de la maison individuelle, en revanche, la question ne se pose pas : la boîte relève du seul propriétaire.
Préparer le dossier avant l'assemblée
Un projet de remplacement des boîtes aux lettres d'une copropriété passe plus facilement le vote quand le dossier répond d'avance aux questions des voisins. Le conseil syndical gagne à réunir trois éléments :
- l'état actuel des boîtes, avec photos des compartiments abîmés et des serrures hors d'usage ;
- au moins deux devis comparables, précisant la norme visée, la reprise de l'ancien bloc et la fourniture des clés ;
- un rappel de la règle de répartition prévue au règlement, pour que chaque copropriétaire évalue sa quote-part.
Le jour de la pose, un résident bricoleur peut vérifier les fixations avec un marteau perforateur burineur antivibrations si un support complémentaire s'avère nécessaire, mais la conformité finale et la remise des clés restent du ressort de l'entreprise, sous le contrôle du syndic.











