Bois, plâtre, acier, béton : comment le coût des matériaux a évolué depuis 2021
Chaussures de sécurité dans le bâtiment : classes, marquages et métiers
Pour les chaussures de sécurité BTP, la référence reste la classe S3 de la norme EN ISO 20345 : embout qui encaisse 200 joules, semelle anti perforation, tige hydrofuge. Le marquage SRC des modèles plus anciens, le terrain du chantier et la nature des travaux décident ensuite des options utiles.
Par Cyril KUHM
Publié le

- Classe de base sur un chantier
- S3, ou S7 quand la chaussure reste des heures dans l'eau et la boue.
- Marquages à vérifier ensuite
- Glissance (SRC sur l'ancienne norme, SR sur la nouvelle), HRO pour l'enrobé chaud, CI pour l'hiver, ESD pour l'électronique.
- Forme de la tige
- Tige haute pour le gros œuvre et les travaux publics, modèle bas ou basket de sécurité pour le second œuvre.
Sommaire
Quelle classe de chaussure de sécurité pour un chantier du BTP ?
Une chaussure de sécurité de classe S3 couvre la grande majorité des chantiers du bâtiment : elle protège les orteils contre les chutes d'objets et l'écrasement, résiste à la perforation par un clou, limite la pénétration de l'eau dans la tige et repose sur une semelle à crampons. Les classes inférieures (SB, S1, S1P, S2) conviennent à un entrepôt sec ou à un atelier, rarement à un terrain où traînent ferraille, planches cloutées et gravats. Dans le secteur du BTP, cette chaussure coquée, imperméable et antidérapante forme l'équipement le plus courant, pour l'homme comme pour la femme : la plupart des gammes proposent désormais des formes et des pointures spécifiques au pied féminin, plus étroit.
La révision de 2022 de la norme a ajouté deux classes : S6 et S7, qui reprennent S2 et S3 en exigeant une chaussure entière résistante à l'eau (marquage WR). Pour un terrassier ou un ouvrier de voirie qui piétine dans les flaques toute la journée, la S7 évite les pieds trempés à midi. Le tableau suivant situe chaque classe.
| Classe | Ce qu'elle ajoute | Usage dans le BTP |
|---|---|---|
| SB | Embout de sécurité 200 joules seul | Insuffisante sur chantier |
| S1 / S1P | Arrière fermé, antistatique, absorption au talon ; P = anti perforation | Intérieur sec, finitions |
| S2 | Tige qui freine l'eau | Rare, faute de protection contre les clous |
| S3 | S2 + anti perforation + semelle à crampons | Choix par défaut du gros et du second œuvre |
| S4 / S5 | Botte en caoutchouc ou polymère ; S5 anti perforation | Coulage de béton, curage, assainissement |
| S6 / S7 | S2 ou S3 avec chaussure entière étanche (WR) | Travaux publics, terrassement par temps de pluie |
Le site s24.fr détaille aussi comment choisir des chaussures de sécurité selon son métier, du maçon au plaquiste : la classe se décide d'abord par l'activité, le reste par le confort.
Ce que la norme EN ISO 20345 garantit vraiment
La norme EN ISO 20345 fixe le socle de toute chaussure de sécurité vendue en Europe : un embout de sécurité qui absorbe un choc d'une énergie de 200 joules et à une compression de 15 kilonewtons. Une chaussure qui protège seulement à 100 joules relève de la norme EN ISO 20346 (chaussure de protection), et une chaussure de travail sans embout relève de la EN ISO 20347 : ni l'une ni l'autre ne remplace une chaussure de sécurité sur un site de construction.
Depuis la nouvelle version de 2022, la résistance à la perforation se lit par une lettre. P désigne un insert en métal, testé avec un clou de 4,5 mm ; PL désigne un insert textile testé avec le même clou ; PS désigne un insert textile testé avec un clou plus fin de 3 mm, donc plus exigeant. L'insert textile pèse moins lourd et laisse le pied plus souple, l'insert en métal couvre toute la surface du dessous. Sur un chantier de démolition jonché de pointes fines, une semelle marquée PS ou P rassure davantage qu'une PL.
Lire les marquages SRC, HRO, CI ou ESD
La liste des marquages complémentaires figure sur l'étiquette cousue dans la languette, après le numéro de norme et la classe, et chaque lettre répond à un type de risque précis. Sur un modèle certifié avant 2022, le sigle SRC signale une semelle testée contre la glissance sur carrelage savonneux et sur acier glycériné. La norme révisée a supprimé SRC : la glissance sur céramique devient une exigence de base, et le marquage SR indique une semelle testée en plus sur céramique avec glycérine. Une paire étiquetée S3 SRC reste parfaitement conforme et se trouve encore largement en stock.
| Marquage | Signification | Quand l'exiger |
|---|---|---|
| SRC / SR | Semelle antidérapante testée | Dalles lisses, carrelage, échafaudage mouillé |
| HRO | Semelle résistante à la chaleur par contact (300 °C) | Enrobé, étanchéité au chalumeau, soudure |
| CI / HI | Isolation thermique contre le froid / la chaleur | Chantier d'hiver, travaux de couverture en été |
| WR | Chaussure entière résistante à l'eau | Terrassement, voirie, réseaux |
| AN / M | Protection de la malléole / du métatarse | Coffrage, manutention de blocs et de pavés |
| ESD | Dissipation électrostatique contrôlée | Électricité, câblage, locaux techniques |
Cette liste se combine : un article « S3 SRC ESD » cumule ainsi la protection de chantier, l'adhérence et la dissipation des charges : une combinaison recherchée par les électriciens du bâtiment.
Gros œuvre, second œuvre, travaux publics : un besoin par métier
Le métier pèse plus que la marque dans le choix d'une chaussure de sécurité, parce que chaque corps d'état rencontre ses propres risques et que chaque catégorie de travaux donne de l'importance à une protection différente.
Gros œuvre et coffrage
Le maçon et le coffreur manipulent des banches, des parpaings, des outils lourds et des barres d'acier : une chaussure montante S3, avec protection de la malléole (AN) et tige en cuir noir pleine fleur hydrofuge, tient la cheville sur un sol encombré. La laitance de ciment attaque le cuir : un rinçage le soir prolonge la durée de vie de la paire.
Second œuvre et finitions
Le plaquiste, le peintre ou le carreleur passent la journée à genoux, sur des escabeaux et des sols finis. Une chaussure de sécurité basse ou des baskets de sécurité S1P ou S3, légères, souples et confortables, suffisent souvent, à condition que l'espace de travail reste sec et dégagé. La protection adaptée à ces métiers vise surtout la chute d'outils et le pied heurté contre une palette. L'électricien ajoute le marquage ESD ou au moins l'antistatique.
Travaux publics, couverture et soudure
Le terrassier et l'ouvrier de voirie travaillent en extérieur, dans les flaques et l'enrobé : S7 ou botte S5, dessous HRO. Le couvreur, à qui un chantier de rénovation de toiture impose de marcher sur des pentes, privilégie une semelle souple et adhérente plutôt qu'un semelage épais à gros crampons. Le soudeur cherche une tige sans lacets apparents et une semelle qui supporte les projections : les critères d'une chaussure de sécurité pour soudeur diffèrent de ceux du maçon.
Chaussure basse, haute ou botte de sécurité ?
La hauteur de tige se choisit d'après le terrain. Une chaussure de sécurité haute, ou montante, maintient la cheville sur les sols irréguliers, les talus et les échafaudages, et empêche les graviers d'entrer : elle domine dans le gros œuvre. Une chaussure basse, plus légère et plus fraîche, convient aux sols plans des travaux d'intérieur.
Les bottes de sécurité gardent leur place pour le coulage du béton frais, le curage de réseaux et les fouilles inondées : une botte S5 en caoutchouc ou en polyuréthane se rince au jet et ne laisse passer ni liquide ni boue. Pour les journées alternant fouilles et circulation sur dalle, beaucoup d'ouvriers gardent des chaussures de chantier S3 et des bottes dans le camion, solution pratique pour changer d'équipement selon la tâche.
Le confort, critère de sécurité à part entière
Une chaussure de sécurité inconfortable finit délacée ou remplacée par des baskets ordinaires : le confort conditionne donc l'utilisation réelle de la protection. Avant l'achat, plusieurs points font la différence sur huit à dix heures de port :
- une coque en composite plutôt qu'en métal, plus léger et neutre au froid comme au détecteur de métaux ;
- une semelle intérieure anti fatigue, amovible, qui amortit les chocs sur les sols en béton ;
- une tige en cuir pleine fleur ou en cuir nubuck traité hydrofuge, plus respirante et plus solide que la plupart des matériaux synthétiques ;
- une doublure dotée d'un système d'évacuation de la transpiration, disponible sur de nombreuses gammes ;
- la bonne pointure, essayée le soir avec les chaussettes et les vêtements de travail habituels, quand le pied a gonflé ; une commande en ligne gagne à prévoir l'échange de taille.
Le poids, indiqué sur la fiche produit de chaque article, sert de repère pour comparer deux modèles de même classe. La qualité des coutures et du collage se juge à l'œil : un dessous injecté directement sur la tige se décolle moins qu'un dessous simplement collé, et offre la meilleure tenue dans le temps.
Qui fournit les chaussures de sécurité sur un chantier ?
Pour un salarié, les chaussures de sécurité font partie des équipements de protection individuelle que le Code du travail met à la charge de l'employeur : elles se fournissent gratuitement, s'entretiennent et se remplacent aux frais de l'entreprise, qui choisit un modèle adapté au poste après évaluation des risques. Un intérimaire reçoit en principe ses équipements de l'entreprise utilisatrice, sauf accord prévoyant que l'agence fournisse certains équipements personnels comme les chaussures.
L'artisan à son compte et le particulier qui mène ses propres travaux achètent leur paire eux-mêmes. Pour ce dernier, l'enjeu ne se discute pas moins : les accidents de bricolage recensés chaque année touchent souvent les pieds et les mains, lors de démolitions, de manutentions ou de chutes d'objets. L'OPPBTP, organisme professionnel de prévention du BTP, publie sur son site des fiches d'information, des guides et des conseils gratuits sur le choix des équipements adaptés à chaque métier, qui répondent aux questions des chefs d'équipe comme des apprentis.
Quand remplacer une paire de chaussures de chantier ?
Une chaussure de sécurité se remplace après tout choc violent sur la coque, même sans déformation visible : elle a absorbé l'énergie prévue et ne garantit plus la même résistance. Les autres signes d'usure se voient à l'inspection : crampons lissés qui ne retiennent plus sur les dalles mouillées, semelle fendue ou décollée, tige percée laissant passer l'humidité, coque apparente à travers le cuir, perte des propriétés antistatiques après usure. Un contrôle rapide le lundi matin suffit à repérer ces défauts avant qu'ils ne coûtent une entorse ou un orteil écrasé.











